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Les articles de foi
Avant de procéder, il serait sage
de récapituler les réflexions précédentes pour en tirer le
contenu essentiel. Alors, l’islam ne signifie pas seulement
soumission et dédication à Dieu, le maître de l’univers, mais
également une religion qui postule la foi entière aux
instructions du prophète et l’acceptation de la forme de vie
qu’il recommandait et réalisiat lui-même. Car la seule source
sûre qui nous avertit sur la volonté et la loi d’Allah nous a
été révelée par Mohammed. Par suite, celui qui n’accepte pas le
prophète en tant qu’intermédiaire entre Dieu et les hommes n’est
pas un musulman.
Aux anciens temps, presque chaque
peuple avait son propre prophète ou même plusieurs au cours des
temps. L’islam était alors déjà présent en sa forme essentielle
dans toutes ces religions et seuls les rites, les lois et les
conseils pour la vie quotidienne changeaient selon l’époque et
les circonstances. Le devoir unique pour un peuple consistait
donc en l’obéissance aux recommandations de son prophète.
Cette époque prenait quand-même fin
lorsque Mohammed apparut. L’instruction de l’islam était
accomplie par lui et une loi fondamentale pour le monde a été
formulée. Son message n’était pas conçu pour un seul peuple ou
une époque temporaire. Il est au contraire valable pour tous les
hommes de tous les temps et les anciennes lois ont été
soulevées. Il n’y aura plus de prophète dans l’avenir et plus de
lois divines jusqu’au dernier jour. Reste alors à savoir ce que
ces lois apportées par Mohammed disent après tout. Que sont au
juste les articles de foi islamique ? La suite montrera jusqu’à
quel point celles-ci sont simples, véritables, aimables et
précieuses et à quelles hauteurs spirituelles elles mènent les
hommes en ce monde et dans l’autre.
Tau’hid : La foi en l’unité de Dieu
L’élément le plus essentiel et
important de l’instruction du prophète, est la foi en l’unité
d’Allah. Cela est exprimé dans la première Kalima, le credo
fondamental de l’islam qui dit : « La ilaha illaj-allah » : Il
n’y a pas de dieu sauf Dieu. Cette phrase merveilleuse est à la
base de la foi islamique est c’est par elle que tous les hommes
sont séparés en deux groupes. Ceux qui y croient forment une
communité et l’autre leur opposition. Les croyants profiteront
de succès sans pareil, les autres cependant échoueront partout.
Mais cette phrase est comme celle qui dit : « J’ai faim » ; car
même si on la répète mille fois, elle ne satisfaira pas le
sentiment exprimé par elle, si on ne la réalise pas!
La
signification de la Kalima
En arabe, le mot i’lah
signifie « quelqu’un qu’on vénère » ou « quelqu’un auquel on
rend des services. Le mot implique également des forces
surnaturelles qui étonnent tout le monde. On dépend de cet être
bien qu’il soit indépendant d’autres, et en plus il est
insaisissable, invisible et mystérieux. Les mots Dieu, Gott,
God, Deva etc ont tous la même signification. Après avoir appris
la signification de ce mot, poursuivons et trouvons le sens
profond de celui-ci. On sait que depuis que les hommes existent,
ils ont cru en un dieu ou même en plusieurs. Cela démontre que
la pensée à un dieu est profondément enraciné en tout être
humain. Mais nous devons nous demander ce que c’est que cette
force qui pousse l’homme à coire en Dieu, et pourquoi l’homme se
sent poussé à une sorte de service divin. On peut constater
alors que l’homme n’est pas capable de tout et dépend plutôt de
nombreuses forces qu’il ne peut pas maîtriser. Ainsi toutes ses
possessions et toutes ses acquisitions peuvent être détruites
par un seul coup du sort une maladie, des chagrins, la pauvreté
ou la mort. Il est en plus intimidé par la sublimité de
certaines choses comme de catastrophes naturelles, de monts
gigantesques, de bêtes sauvages etc. Il regarde le ciel
au-dessus de lui et les différents temps qui s’y font, il
regarde le soleil, la lune et les étoiles en leur mouvement
perpétuel et se sent face à eux miniscule et insignifiant. Ainsi
il n’est guère étonnant que ces émotions se réflètent en sa
croyance. Il essaie de saisir celui qui domine toutes ces forces
et la pensée à la grandeur d’un tel être lui inspire de
l’humilité. C’est pourquoi il aspire à obtenir la grâce de Dieu
pour ne pas être victime de son pouvoir infini. Au stade
primitif de l’humanité, l’homme croit que ce sont les apparences
de la nature même qui ont une âme divine et pour cela il implore
les arbres et les pierres, les animaux, le feux et les astres
etc. Si cette forme d’ignorance totale se relativise un peu, il
s’aperçoit que toutes ces choses sont complètement impuissantes
en elles-mêmes et nécessitent des lois qui les déterminent.
Ainsi, l’homme se fait l’idée de plusieurs dieux invisibles qui
conduisent l’univers et ses habitants et il les vénère à travers
des symboles. Mais la véritable foi n’est pas encore
atteinte alors: lorsque l’homme continue à observer et à
s’interroger lui-même et tout ce qui l’entoure, il se rend
compte qu’il y a une seule loi, un seul être qui règne dans
l’univers.
Car quelle régularite parfaite se
montre dans la course du soleil, dans le mouvement perpétuel des
astres et le changement des saisons ? Même le polythéiste doit
alors avouer qu’il ne peut pas y avoir qu’un seul Dieu qui sait
dominer tous ces phénomènes. Sinon, tout aboutirait à un grand
désorde qui détruirera le monde. L’homme donne à cet être des
noms divers : Allah, Dieu, Gott etc. Mais comme son ignorance
est toujours grande, il ne cesse pas d’adorer des dieux mineurs
à côté du Dieu omnipotent selon le modèle des royaumes sur terre
où un roi a toujours plusieurs ministres et assistants autour de
lui. Et il est plus facile de s’approcher de Dieu lorsqu’on se
sert de ces intermédiaires plus accessibles. Mais avec la
croissance du savoir des hommes, le nombre de ces assistants
divins se diminue continuellement comme on se rend compte
qu’aucun d’entre eux ne possède des qualités divines en
lui-même. A la fin il n’y a plus d’autre dieu à côté de Dieu.
Mais la notion du Dieu unique contient toujours des éléments
d’ignorance : ainsi il y a des gens qui croient qu’il ait un
corps humain ou qu’il réside dans un lieu précis, d’autres
croient qu’il soit déscendu sur terre en forme humaine ou qu’il
ait réglé les affaires de ce monde et se soit retiré ensuite
complètement. Ces idées erronées ont survécu et sont practiqués
dans divers peuples jusqu’à nos jours.
Le Tauhid représente la conception
de Dieu la plus avancée et son savoir a été transféré à tous les
temps à travers les prophètes. C’est le savoir venu sur terre
avec Adam, celui de Noah, d’Abraham, de Mosé et de Jésus. Et
pour finir, c’est le savoir apporté par Mohammed et en tant que
savoir absolu et pur et sans la moindre trace d’ignorance.
L’homme devenait coupable lorsqu’il n’acceptait pas ce savoir et
ou ne croyait en rien du tout (Kufr), ou vénérait des idoles
(Schirk). Le Tauhid chasse tous ces nuages d’ignorance et laisse
rayonner tout dans la lumière de la vérité. Voyons donc quels
faits fondamentaux la conception de Tauhid apporte, quelles
vérités elle profère et quelles convictions religieuses elle
postule.
Prenons d’abord la question de la
divinité. Nous nous trouvons face à face avec l’univers infini
dont l’esprit humain ne peut jamais mesurer ni le début, ni la
fin. Premièrement, il faut que - dans tout cet ordre infaillible
et gigantesque sur lequel il n’a aucune influence – il y a un
Dieu qui voit et dirige tout. Deuxièmement il est complètement
impossible que toutes ces qualités et pouvoirs divins se
trouvent dans les mains de plusieurs êtres. Ces qualités sont en
même temps intransmissibles. Un être divin qui n’est pas capable
de rester vivant et responsable pour sa création à tout moment,
ne peut pas donner la vie à tous. Pour toutes ses raisons, le
polythéisme doit être condamné en tant que forme d’ignorance.
Les faits de la nature et de la vie même mènent d’eux-mêmes à la
réalité, c’est-à-dire au Tauhid, la foi en l’unité de Dieu. En
tenant compte de cette conception véritable de Dieu, poursuivons
maintenant avec un coup d’œil profond sur l’univers infini.
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